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Lundi 7 septembre 2009
Nous nous levons en même temps que notre pote You. Nous sommes prêtes rapidement, et nous quittons son logement. Aujourd’hui, le bus pour Wilanow devrait circuler, sauf s’il nous fait une variante d’horaires… Mais nous sommes confiantes sur la chose, la variante d’horaire étant plutôt la spécialité serbe…
Et en effet, le bus est là, circulera, et est même d’une ponctualité toute helvétique ! A côté de nous, un couple d’Hindous, qui se rendent eux aussi à Wilanow. Comment le savons-nous ? Et bien, ils sont stressés, regardent sans arrêt par la vitre du chauffeur, se parle très rapidement, s’asseyent, se lèvent, se parlent, regardent dehors comme s’ils cherchaient quelque chose… Ils sont trop bruyants à notre goût…
Et d’ailleurs, nous non plus, nous n’avons aucune idée sur Wilanow. Quel est l’arrêt du château ? Est-ce loin ? Le voit-on ? Qu’importe… Une fois arrivées, il nous suffira de suivre les Hindous…
Tiens, nous y voilà. On ne voit pas le château, mais le bus s’arrête et le chauffeur sort. Les Hindous aussi. Et quelque chose nous dit que nous y sommes… Nous suivons donc discrètement les deux touristes…
Nous prenons notre billet d’entrée dans le joli petit pavillon, traversons le tout autant joli parc, et nous nous arrêtons devant les grilles de ce qui va s’annoncer comme un époustouflant château. L’arrêt est prévu pour le diner, et aujourd’hui nous innovons : Sandwich fromage… et jambon ! Un petit dessert ensuite, pour le bonheur des quelques touristes qui passent (pas de Japonais, sinon on aurait déjà fini sur la pellicule…), et puis nous franchissons l’entrée que forment ces majestueuses grilles…
… pour découvrir un petit bijou, une merveille architecturale, un tout simplement magnifique château. Pendant de longues minutes, nous le photographierons sous tous les angles possibles, en couleur, en noir-blanc et même en sépia pour l’effet rétro. Toutes les photos sont magnifiques et retransmettent la beauté de Wilanow.
Rien à redire… à part peut-être… « Si nous étions des princesses, alors des princesses polonaises ! »
Pour la visite, nous nous retrouvons devant une porte fermée. Voilà qui commence bien. Mais nous comprenons rapidement que cela est pour éviter l’amas de foule dans les salles du château. Oh ! Comme nous nous réjouissons de le visiter ! S’il est autant beau que l’extérieur….
Une dame souriante vient nous ouvrir. Nous présentons les billets, et devons déposer nos sacs. Même le sac à provisions !
Une dame un peu moins souriante nous tend deux audioguides, un prospectus nous explique comment nous en servir… Après un traditionnel et désormais célèbre « Allô ? » (ainsi que sa version albanaise), nous appuyons sur la touche PLAY des commentaires en français, et commençons notre déambulation dans les couloirs de Wilanow…
Salle 1. Nous écoutons passionnées, regardant attentivement chaque tableau, sous les yeux d’une mégère peu commode en tailleur serré. Aucune tentation à faire les clowns, ni à rompre le silence tombale. Pas l’ombre d’une trace d’un fou-rire en préparation.
Non. Il faut dire que l’histoire est passionnante. Wilanow, ses débuts, les rois, les princes et tout ce beau monde qui s’y est succédé.
Salle 2. Nous écoutons déjà un peu moins attentivement les commentaires débités par la femme dans l’audioguide, toujours sous les yeux d’une femme peu commode, coincée dans un tailleur. Le silence est d’outre-tombe.
Salle 3. Puis salle 4. Et salle 5. L’attention pour l’audioguide tombe au fur et à mesure que nous traversons les salles. Il faut dire que les commentaires en français sont mal faits et monotones. Désirée a depuis plusieurs salles déjà opté pour les commentaires en allemand, plus rapides, plus intéressants aussi.
Mais peu à peu nous laissons tomber l’audioguide. Ce qui ne nous empêche pas de regarder attentivement chaque tableau, chaque meuble. D’imaginer les danses, les banquets qui ont dû se tenir dans ces grandes salles. Les fesses célèbres qui se sont posées sur ces magnifiques fauteuils. Et toutes ces histoires de princes et de princesses. Combien d’histoires d’amour, de haine, de trahison ? Combien d’affaires d’Etat ont été discutées à Wilanow ?
Après une longue marche, réglée cependant avec une précision horlogère, à travers les couloirs du château, nous ressortons à l’air libre. Dans la cour intérieure. Devant ce chef-d’œuvre architectural, et les mots nous manquent pour exprimer la beauté et la noblesse des lieux… Nous nous promenons comme le faisaient autrefois les nobles… Nous entrons un instant dans le jardin, sur la gauche… L’alignement des plantes y est parfait, les couleurs d’été laissent supposer un printemps coloré et tout autant beau que le château.
Vient hélas l’heure du bus. Nous quittons nos rêves de princesses et de princes charmants. Mais c’est un ami que nous décidons d’aller voir maintenant… Car s’il y a bien une chose que nous avons compris de la langue polonaise, c’est la déclinaison ! Rajoutez des a, des o, des ou à tous les mots, selon vos envies… C’est déjà un début…
Et notre ami, c’est Frédéric. Que nous préférons appeler Chopinou. Le compositeur polonais a droit à son parc, et nous avons décidé de lui rendre visite. Tiens ! Le voilà ! Là au fond, derrière le petit bassin ! En entrant dans le parc, nous sommes agréablement surprise par le rouge éclatant des fleurs, un ambiance romantique pour notre ami musicien… mais celui-ci reste de marbre sur son piédestal, perdu dans quelque pensée, peut-être déjà en train de composer… Nous le saluons, photographions la vieille femme, assise sur un banc… Elle est belle, toute solennelle, entourée des ces magnifiques fleurs….
Nous saluons Chopinou, et nous reprenons le bus. Et au centre-ville, s’il y a une chose que nous voulons essayer, c’est bien la méga-glace… Celle qui fait presque un mètre de hauteur (j’exagère, mais elle doit bien faire 20 cm, et sans compter le cornet !)… Nous avons repéré un marchand de glaces, et commandons. Chocolat-chocolat, comme d’habitude niveau arôme. C’est le fou rire garanti ces glaces… Nous nous essayons pour la manger, bien plus commode…
… et un homme s’approche. Il fait partie d’un groupe de personnes entre 40 et 50 ans, et nous avons tout de suite compris que cet homme était un drôle. Il blague, ne s’attendant certainement pas à ce que nous répondions en français ! Nous échangeons deux ou trois (et même plus) blagues, de piques, de vannes comme on dit chez nous, fous-rires garantis pour toute la troupe de touristes français, qui, selon la guide, vient d’obtenir un peu de temps libre…
Le reste de l’après-midi sera consacré au shopping. Un peu pour nous, et un peu pour des souvenirs que nous voulons ramener. C’est notre dernier jour complet à Varsovie, demain nous prendrons le train pour Gdansk, et il nous faut faire encore des emplettes….
Un rapide souper, et nous retournerons chez You.
Où nous aurons l’agréable surprise de découvrir un autre jeune homme. Un autre couchsurfeur. Il s’appelle Pietro, et vient de Turin. Il nous est tout de suite sympathique, et la conversation va bon train. Les hommes sont en train de se préparer des pâtes, ils nous invitent, mais nous avons le ventre déjà pleins à craquer… Nous leur tenons compagnie, et parlons de nos voyages.
Celui de Pietro a un tout autre but que le nôtre, et cela lancera définitivement le thème de la soirée : les histoires d’amour compliquées… Et là, même si nous ne sommes pas en reste, nous devons nous avouer vaincues par les deux jeunes hommes. Autant You que Pietro vivent une histoire d’amour compliquée, tellement compliquée que les nôtres à côté paraissent simples (et pourtant !)…
Alors en souvenir de cette belle soirée, passée à nous raconter nos peines et soucis de cœur, nous vous les racontons…
You, jeune polonais, grand voyageur et passionné d’Amérique Latine. Notre hôte était parti, il y a quelques temps déjà en Amérique Latine, où il rencontra une belle jeune femme. Le coup de foudre fut réciproque, et You prolongea son séjour sur le continent du Che. Mais toute belle histoire a forcément un dénouement un peu plus tragique : You doit rentrer en Pologne. Pour gagner sa vie. Alors il skype régulièrement sa dulcinée, lui parlant dans un espagnol sans accent… Chose qu’il fera d’ailleurs toute la soirée, pendant que Pietro nous raconte son histoire….
Pietro, jeune rastaman dynamique, travaille dans le social et le tourisme. En vacances, il rencontre une superbe Polonaise, elle aussi en vacances en Grèce… Seule ombre au tableau : elle y est avec son fiancé polonais. Ce qui n’empêche pas Pietro et la jeune femme de tomber amoureux. Et plus, car il y a affinités. Le fiancé polonais apprenant tout ceci n’est pas vraiment satisfait, et on peut le comprendre. Il repart donc au pays, emportant sa dulcinée. Mais celle-ci ne pense qu’à sa nouvelle flamme italienne… et le rejoint régulièrement à Turin. Une année passe, et presque une deuxième. Mais notre ami Pietro se lasse des allers-retours, il veut parler à la jeune femme, il veut vivre avec elle. Et décide donc de tout quitter en Italie, et de prendre le premier train pour la Pologne. Il débarque ce lundi 7 septembre 2009 à Varsovie.
A ce moment de l’histoire, on pense qu’elle est facile, son histoire, que le dénouement est proche. On imagine déjà la jeune Polonaise lui tomber dans les bras, et lui donner un baiser passionné. Non, triple non.
Car la jeune femme vit avec son fiancé officiel sous le toit de sa belle-mère. Damned ! Que faire alors ? Pietro lui demande de choisir entre lui et son fiancé officiel… La décision sera terrible pour lui. En attendant, il rase les murs de Varsovie, se fait discret pour éviter que le fiancé officiel ne le reconnaisse… Car s’il le reconnait, pas sûr qu’il l’invite pour une bière !
Quant à nous…
… Et bien, il est temps d’aller nous coucher. Demain, nous avons peu de temps pour faire une dernière emplette, la plus importante, avant de prendre le train pour Gdansk… et d’ailleurs, en consultant nos montres, il est déjà tôt le matin… On vous les racontera une autre fois… si vous êtes sages…
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