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Vendredi 4 septembre 2010
Comme hier matin déjà, Weronika est bien plus rapide que nous en matière de lever. Nous sommes encore en pyjama lorsqu’elle revient avec un plateau de thé et de café. Nous sortons nos petites victuailles achetées la veille, et lui proposons de déjeuner avec nous. Juste le temps ensuite pour une rapide toilette et un bouclage express du sac, et nous sortons de l’appartement.
Comme nous avons rendez-vous en début d’après-midi avec notre nouvel hôte, nous n’avons pas le temps d’attaquer une longue visite de la ville, surtout pas avec nos gros sacs à dos. Nous décidons donc de nous arrêter au centre-ville, déposer nos poids lourds et surfer sur la vague du net, non loin des fast-foods et autres petits restaurants.
La connexion internet ne marche pas aujourd’hui. Nous nous déplaçons plusieurs fois au dernier étage du bâtiment, mais rien n’y fait. Nous abandonnons donc tout espoir et attaquons l’étape suivante : le diner.
A 13h30, nous nous déplaçons à la gare voisine, dans le hall principal. Là, nous avons rendez-vous avec un jeune homme. Pas n’importe lequel, non… notre hôte ! Il s’appelle Przemek et a environ notre âge. On se dit que la Pologne a décidé de nous compliquer la tâche en nous faisant rencontrer des hôtes aux noms imprononçables…
Pour des raisons de simplicité, nous avons très vite renoncé à l’appeler par son prénom. Puisque nos conversations se font en anglais, nous tranchons dans le mille, et l’appelons « You », comme si on s’adressait directement à lui… How are You ? Comment vas-tu ?, ou, dans notre version, comment va You ? Le résultat final est le même. Surnom adopté à l’unanimité.
Il est en retard, et il nous précisera plus tard, que c’est une habitude chez lui. C’est un sympathique bonhomme qui nous accueille, il est impressionné par la taille de nos sacs, mais c’est lui aussi un grand voyageur et il nous comprend. Son vélo dans la main droite, il nous dirige jusqu’à l’arrêt du bus. Il précise déjà qu’il viendra avec nous seulement s’il n’y a pas grand monde dans le bus, sinon, il nous suivra à vélo.
Il n’y a pas grand monde dans le bus. Nous y grimpons tous les trois, sous les regards déjà désapprobateurs des occupants. Au fil des arrêts, le bus se remplit, et se remplit avec peine. Normal, avec deux gros sacs à dos et un vélo à l’entrée, le passage est plutôt bloqué. Cela provoque la colère de certains passagers, mais comme tout jeune qui se respecte ( !), on ne s’en préoccupe pas. On se dit au bout d’un moment que poser les sacs pourraient être la solution, mais il faudrait ensuite ré-utiliser toute la place pour les remettre sur le dos…
Nous ne bougeons donc pas. Les gens commentent. Nous ne disons rien… Après 10 jours en Pologne, ce n’est pas aujourd’hui que nous allons comprendre quelque chose !
Mais voilà notre arrêt. Nous sortons sous les commentaires du public.
You vit dans une zone d’immeubles à une trentaine de minutes du centre. Il nous conduit dans la cour d’un immeuble, la traverse et pousse la porte d’un autre bâtiment. Dès notre entrée, une odeur nous saisit au nez et à l’estomac. Une odeur de vieux et de pourri. You ouvre la porte de l’appartement du premier. Il précise aussitôt que généralement cette porte est toujours ouverte. Il vit dans l’appartement avec son colocataire et chacun d’eux ferme à clé la porte de leur chambre.
La sienne fait environ 7 mètres de long et 4 de large. Elle est mal éclairée, mais pour quelques nuits, cela fera parfaitement l’affaire. Nous nous réjouissons cependant aussi de la cuisine et de la douche. Nous papotons avec You et finalement nous papoterons tout l’après-midi… du moins jusqu’à ce que notre hôte règle l’histoire d’internet, car le sujet a été abordé. Comme il n’a pas payé sa facture, il n’a pas de connexions provisoirement et téléphone donc à sa mère pour qu’elle le dépanne…
En fin d’après-midi, on ressort et on se balade en ville. A cause de l’heure, on n’a plus le temps de visiter grand-chose, et nous décidons de nous mettre à la recherche d’un restaurant pour le soir. « Le Zèbre », même si ce n’est pas son nom officiel, a conquis le jury et sera le gagnant du soir. Nous l’avons re-baptisé « Le Zèbre » à cause de ses coussins … zébrés, logiquement.
Rien à redire pour la soirée. Les pâtes au pesto étaient excellentes, la serveuse pas très rapide, et Désirée avait peur de rester enfermée aux toilettes. Une soirée parfaitement normale.
On retrouve notre ami You en ville, et nous nous rendons à un meeting de couchsurfers, prévu pour les concerts gratuits organisé par la ville de Varsovie pour promouvoir leur candidature à la « Capitale de la culture 2016 ». Ce soir, ce sera Razorlight, demain MGMT, que des beaux noms !
Le meeting se tient dans une salle bruyante du théâtre, nous buvons un coca, tentons de discuter un ou deux mots avec un type déjà lourd et pénible. Et puis, nous sortons, en aucun cas, nous ne voulons manquer « America » de Razorlight.. ni le début du concert.
Voilà le chanteur, défoncé, sur scène. Les guitares égrènent les premières notes. Public en délire. Nuit de folie sur Varsovie. Et ce type lourd et pénible qui nous parle toujours…
Nous devons malheureusement attraper le dernier bus, et ce n’est que de loin que nous entendrons « America »…
Chez You, nous nous écroulons chacun dans nos sacs de couchage. Nous savons déjà qu’à notre réveil, notre hôte ne sera pas là, il part tôt le matin pour se rendre à un mariage à Gdansk.
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