Présentation

  • L' Europe by Foot
  • : L'Europe by Foot, c'est ... -Plus correct si on disait "l'Europe by feet"... car on utilisera nos 2 paires de pieds pour marcher à travers le Vieux-Continent... -Découvrir l'Europe, aussi à travers le foot, car s'il n'y avait pas eu le foot, on n'aurait pas forcément eu l'idée de partir...

Profil

  • L' Europe by Foot
  • Désirée, 24 ans, employée de commerce dans la vie réelle, blogtrotteuse et journaliste pendant 9 mois.. Lauranne, 22 ans, employée de commerce dans la vie réelle, blogtrotteuse et photographe pendant 9 mois..

Où sommes-nous?

02.04.2009 - 02.04.2010

Une année déjà...


 

Par un beau vendredi ensoleillé, quoi que un peu frais, nous fêtons avec nostalgie et mélancolie le 1er anniversaire de notre voyage en Europe!

Et dire que l'année passée.... Et oui! ca fait tout bizarre.... Merci à ceux qui nous ont supportées, Merci à ceux que nous avons rencontrés pendant le voyage, Merci pour ces belles histoires, ces belles amitiés...

Merci à Riccardo et Alessio de nous avoir protégées lors de la réalisation de notre rêve! Vous êtes les 2 meilleurs anges gardiens!

La Carte Postale

Un bacione al piccolo Matteo Ferrari, 5 anni...

 

Matteo è nato con una grave paresi cerebrale, che lo impedisce di fare cose che per noi sono ovvie e semplice....

 

Ti auguriamo tanto coraggio. Ti pensiamo.

 

E ti auguriamo di poter un giorno anche te giocare con un pallone, reallizzare i tuoi sogni......

 

 

Sostenete anche voi il piccolo Matteo, tramite il nostre sito amico www.riccardoealessio.it

 

***********************************

 

Gros bisous au petit Matteo Ferrari, 5 ans...

 

Matteo est né avec une grave maladie cérébrale, qui l'empêche de faire tous ces petits mouvements qui nous paraissent simples et évidents, surtout pour un petit garçon de 5 ans...

 

Petit bonhomme, on te souhaite guérir et de pouvoir, toi aussi, un jour jouer au ballon, courir après tes rêves...

 

 

Soutenez vous aussi le petit Matteo, via notre site ami www.riccardoealessio.it

 

 

Citation

"Celui qui hésite, regrette"

 

Proverbe albanais

Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 17:51

Jeudi 3 septembre 2009

Le réveil sonne à 9 heures. Ce ne sera pas un réveil facile. Weronika est plus rapide que nous à sortir du sac de couchage. Elle nous prépare du thé et du café, et puis nous partons en ville. On arrive forcément au centre-ville, et tout à fait logiquement, on repère un stand avec pleins de belles choses à acheter… On dirait presque que ces stands nous hypnotisent et nous attirent à eux…

On se promet d’y revenir.

On s’assied sur une terrasse et on commande à boire. C’est ce moment précis que choisit la fatigue pour nous assommer. Pendant un moment, nous ne sommes plus capables de parler, c’est vous dire l’épuisement ! Nous regardons devant nous, dans le vide, le regard vide…

Weronika passe au même moment sur la place du centre-ville. Nous la voyons, mais sommes incapables de réagir, d’ouvrir la bouche, de lever le bras…. Une gorgée de thé froid n’y changera rien… Nous sommes complètement amorphes…

On se secoue, on vide le thé froid, et on se décide pour un musée. Un musée sympa : celui de la caricature ! On est persuadées qu’on va bien rire, que cette distraction nous réveillera… l’ennui, c’est que toutes les BD et toutes les blagues sont en polonais… on ne peut donc qu’imaginer les dialogues et regarder les images, par ailleurs vraiment bien dessinées… On rit sur certaines BD qu’on comprend, on rit bien même…

On retourne ensuite au centre commercial, vers la gare, pour acheter quelques petits en-cas et surtout de quoi se composer des déjeunes les prochains jours. En remontant la rue principale, on tombe devant un restaurant italien, et on décide de faire plaisir à nos estomacs… On pousse la porte du « Ti Amo » de Varsovie.

Après avoir mangé, et bien mangé, on retourne chez Weronika. Grâce à Lauranne, notre Madame GPS, on retrouve sans peine le domicile de notre hôte. On papote un moment, elle nous propose de sortir ce soir à la soirée des Couchsurfeurs…. Lauranne fait la grimace déjà depuis quelques temps… Une forte douleur à l’estomac… Qui ne passe pas…

On décide de faire l’impasse sur la soirée. Weronika y va quand même, Lauranne se glisse très rapidement dans le sac de couchage et part au pays de Morphée. Désirée allume l’ordinateur (très très lent) et se connecte au site de couchsurfing pour commencer la recherche de logements pour notre prochaine étape, Gdansk.

Et à force de désespérer sur la lenteur de l’ordinateur, elle allume son ordinateur portable, et entame la création d’un powerpoint avec les photos du voyage… Qu’elle fera simultanément à la recherche de logements…

Lorsque la batterie du pauvre Thomas Acer s’éteindra, elle fermera aussi l’ordinateur fixe, ira se brosser les dents, et se glissera dans son sacs de couchage…Deuxième nuit à Varsovie, et dernière chez Weronika.

Par desireelauranne
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Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 21:01

Mercredi 2 septembre 2009

On se réveille calmement, on n’est pas pressée aujourd’hui…. On fait les sacs, on range le lit, on passe un coup de balai, et puis, on décide que cela ne vaut pas la peine d’aller au centre-ville avec les sacs pour manger. On sort donc un instant de l’appartement et on va au petit supermarché du coin, s’acheter une pizza….

On part en avance de chez Gregor, et on se rend au centre-commercial avec Riccardo et Alessio, nos grands sacs à dos. On monte au dernier étage de cet centre et on s’assied à une table, hop ! voilà une petite séance internet qui s’impose…. On contrôle rapidement nos emails, oui, notre hôte de Varsovie nous a répondu… Tant mieux, on prendra le train un peu plus tranquilles….

Tout de suite en entrant dans le compartiment, on remarque une chose très importante, qui nous avait un peu manqué durant nos trajets en train : des prises électriques !!! Enfin, on va pouvoir écrire sur tous les trajets, trier les photos jusqu’à destination, et écouter de la musique en même temps sans avoir à se dire « attention, j’ai bientôt plus de batteries… »… Quel bonheur !

Et de ce bonheur, on va pas se priver : on pose donc nos sacs à côté de nous, on sort Damien et Thomas de leur housse, et hop, on branche les câbles… C’était sans compter les autres passagers…. Un jeune homme, puis trois monsieurs déjà un peu moins jeunes (et moins beaux)… Le jeune homme est sympa, il nous aide à déposer les sacs sur le porte-bagages….

Quant aux trois autres hommes… Pas particulièrement agréable comme compagnie…. Ils dégagent… comment dire ? … une odeur irrespirable ? On fait la grimace, et puis, on rit… Qu’est-ce qu’on devait puer nous aussi certains jours de voyage !!!! Enfin, mais quand même… pas comme eux…  C’est pas possible…. Et on se tord le visage de dégoût….

… et pourtant, on sait bien qu’on ne devait pas toujours sentir la rose, les jours de voyage….

On se bouche le nez, et on continue à vaquer à nos petites occupations….

Peu avant, Varsovie, on range nos affaires, et dès l’entrée du train en gare, on colle le nez à la vitre… Repérer Weronika, notre hôte…

… On la repèrera grâce à son foulard, exactement comme sur la photo !

C’est une sympathique jeune femme, d’environ notre âge, qui nous attend sur le quai. Nous sommes tout de suite prises en charge, elle nous conduit jusqu’à chez elle, nous parle de Varsovie, nous interroge sur notre voyage, nos vies « d’avant », elle nous parle d’elle, de ce qu’elle fait, de son programme du soir…. Nous écoutons, mais à moitié, occupées à regarder par la vitre du tram, occupées à regarder Varsovie qui s’offre à nous, dans la nuit qui tombe…

Il y a un festival ce soir, cette semaine, ces prochains jours, on n’a pas vraiment compris. Ca a lieu au quartier juif. Et il y a aussi des projections de films en plein air. Weronika nous propose de nous y rendre… On accepte. Et c’est le départ !

Mais ? On n’a pas encore mangé !!... On ne dit rien et on suit, persuadées qu’on était de trouver quelque chose en route…

Mais Weronika ne semble pas réagir à nos estomacs qui hurlent…. Et nous ne trouvons rien en route….

Elle nous fait traverser la ville, nous rejoignons son frère à qui elle devait donner un dossier. Puis nous retrouvons un de ses amis. Et nous traversons le quartier juif.

Il y a du monde ce soir. Nous regardons fascinées ces murs qui s’élèvent, ces portraits qui sont accrochés aux murs, ces gens qui flânent, qui se saluent, cette odeur de retrouvaille, de fête, de joie… et quelques musiques douces qui s’élèvent ci et là…

Mais Weronika nous entraine plus loin. On passe par la vieille ville, elle nous fait grimper au sommet du Belvèdere, nous parle de la route royale… On regarde la vue. Varsovie est éclairée par les réverbères, qui diffusent une lumière jaune, féerique…

On traverse la vieille ville, on se rend au château, le Barbakan… On marche le long des murailles, sur les murailles, on admire les jeunes hommes qui jonglent avec le feu… On applaudit…

Et Weronika nous entraine de nouveau au centre ville. Apparemment, elle y tient vraiment à son film en plein air… On trouve quatre sièges disponibles. « Transformers » est diffusé à l’écrant. En anglais. On essaie de s’y accrocher, mais le film ne nous branche pas…

On part avant la fin. On se balade encore un instant… Et puis, on rentre. Chez notre hôte, on s’assied par terre, on sent maintenant le poid de la fatigue…

La colocataire de Weronika nous offre un peu de gâteau au chocolat. Il est délicieux… notre seul souper… du calme, les estomacs, du calme….

Nous ne tarderons pas à aller dormir, épuisées. Et affamées.

Par desireelauranne
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Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 20:57

Mardi 1er septembre 2009

Au réveil, nous nous remettons encore des émotions d’Auschwitz. Nous nous préparons en silence, nos pensées encore ailleurs… Ailleurs, et des années en arrière…

Juste avant 11 heures, nous sommes devant le château, ce Wavel que nous découvrirons plus tard comme superbe. Au programme, la visite des appartements royaux, et dans notre file d’attente, nous repérons des Espagnols bien bruyants… Pourvu que… Non, nous y échapperons. Ils se mettent finalement dans l’autre file d’attente….Notre guide nous emmène à travers les couloirs du château, nous parlera de chacune des pièces, dont la très magnifique « chambre des invités », qui a accueilli les plus grands parmi les plus grands : une pièce agencée avec goût et dans un style que nous ne pourrons jamais nous permettre…

Lorsque nous retournerons en ville, ce sera pour finir le shopping, encore quelques cadeaux, des souvenirs et un ou deux petits « coups de cœur ». Cracovie est une ville magnifique, calme et riche en histoire…. Nous adorons nous y promener, flâner, regarder les gens.

Mais une tâche importante nous attend maintenant : prendre un billet de train pour Varsovie. Si notre linguiste répétait sans peine quelques mots des langues slaves, il en est tout autrement pour le polonais, qu’elle ne parvient pas à assimiler… Ni à répéter ! Pourvu que les employés des guichets parlent au moins anglais !

Nous faisons une file dans un hall de gare qui se voudrait rafraichissant, mais qui ploie lui aussi sous le poids des degrés… Nous transformons l’horaire des trains en éventail…. Et la file ne diminue pas. Il faut dire que la dame assise derrière le guichet n’est ni pressée, ni rapide, et encore moins sympathique… Pourvu qu’elle parle anglais….

C’est notre tour. Nous demandons des renseignements, qu’on nous renvoie au visage comme une claque, d’un ton sac. On a presque envie de lui dire « Pardon de vouloir aller à Varsovie, Madame… », mais patiemment, on obtient notre information… Une demi-information, puisqu’elle nous dit sèchement d’aller au guichet des billets !

Heureusement, au guichet des billets, l’employée est sympa et parle anglais. Elle répond sans peine à nos questions, et nous donne le billet de train pour Varsovie. Lorsque nous ressortirons de la gare, en nage et le visage rougi par l’étouffante chaleur, nous retournerons au centre commercial : une pause internet et une boisson rafraichissante !

Nous décidons de nous accordons notre repas du soir dans ce centre commercial, et au fastfood italien, nous commanderons un plat de pâtes au pesto.

De retour à la maison, notre hôte Gregor nous attend dans la cuisine avec dans les mains un CD qu’il nous a gravé : de la musique polonaise, folklorique et pas folklorique, en clin d’œil à notre séjour chez les Bulgares. Nous nous attablons avec lui, parlons de notre prochaine étape, de notre visite d’Auschwitz et de la belle Cracovie… Et tard dans la nuit, nous nous glisserons dans nos sacs de couchage… Dernière nuit à Cracovie.

Par desireelauranne
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 20:58

Lundi 31 août 2009

 

Il est très tôt lorsque nous nous réveillons. Nous déjeunons, nous nous préparons. Et puis, nous attendons Gregor comme convenu. Il tarde, et nous ne voulons en aucun cas manquer notre expédition du jour… alors, nous quittons l’appartement, en laissant un petit mot sur la table (signé Lauranne et Trézéguet, histoire de le faire rire un peu). Nous poussons la porte…

 

… et peu de temps après, nous voilà au point de rendez-vous convenu avec la société qui gère notre expédition à Auschwitz. Nous ne sommes pas les seules, mais nous sommes les plus jeunes. Tant pis, on assume, il n’y a pas d’âge pour aimer l’Histoire !

 

Notre groupe doit se séparer en deux. Nous nous retrouvons dans le petit bus, avec le couple d’Allemands. Dans l’autre bus, des Canadiens, des Américains. Des touristes, surtout, la preuve par la tenue de l’Allemande : jupe et ballerine ! Un peu déplacé pour un endroit pareil, selon nos goûts…Enfin, on va pas recommencer à faire les commères !

 

Durant le trajet, d’une heure environ, on nous montre un film, résumant l’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, l’Histoire de la Pologne et des Polonais à cette époque. On nous montre des atrocités commises, on nous parle de la douleur des habitants de la région. On nous donne des chiffres impressionnants, on nous passe des photos d’archives... le documentaire est extrêmement poignant, et au moment où il lui arrache une larme, Désirée se rend compte que Lauranne s’est endormie…

 

Déjà quelques jours que la fatigue ne nous quitte plus, déjà quelques jours que nous nous disons « on va se prévoir une journée 100% repos »… Mais Lauranne s’en voudra quand même de s’être endormie aujourd’hui, à ce moment…. Même si la lutte a été âpre et longue…

 

Les Allemands ont papoté (ou papillonné) pendant toute la durée du film, l’autre couple regardait plutôt le paysage, et même si Lauranne a dormi une partie du trajet, on aurait dit que nous étions les seules intéressées par le film, par le but de cette sortie…

 

On dirait qu’ils vont à Auschwitz pour pouvoir dire « j’y ai été ».

 

Mais nous voilà à Auschwitz, à l’entrée du camp de concentration. C’est un peu dur de nous rendre compte tout de suite de l’atmosphère, puisqu’un grand parking a été aménagé. On a une pause d’une dizaine de minutes, une pause pipi, nous filons aux toilettes par précaution. Mais à notre retour, la guide avait déjà rassemblé le groupe, et nous parvenons à le rejoindre in extremis. Drôle de 10 minutes !

 

On nous fait attendre dans une cour de gravier. D’autres groupes sont là aussi. Chacun attend son guide. Le nôtre sera un quadragénaire de la région, en jeans et veston beige. On nous distribue des espèces de talkie-walkie à oreillettes, genre ceux qu’ont les présentateurs à la télévision, mais en version moins sophistiquée et moins discrète, et le guide nous place en demi-cercle. Il se présente, il vient d’un village non loin du camp. Il nous demande nos nationalités, on croit que c’est par curiosité….Les Canadiens, les Américains et les Anglais répondent. Les Allemands et nous, nous nous taisons. Plus tard,  on saura qui avait raison….

 

Le guide nous emmène à grandes enjambées. Il parle dans son micro, nous l’entendons dans nos oreillettes, pratique. La première pause se fait devant le « Arbeit macht frei », et puis nous longerons une série de longs cabanons, les premiers en bois, d’autres suivront plus tard en pierre. Le guide dit que ces maisons étaient destinées aux employés des camps de travail, car on le sait, les Allemands avaient construits ces baraquements pour les travailleurs, qui venaient travailler en collectivité. D’un ton ironique, le guide polonais continua « … car, non, évidemment, Auschwitz n’était pas un camp d’extermination, mais un camp de travail ! Evidemment…. », et il continue d’un pas  rapide, sec, énervé.

 

Le climat est tendu. On sent pleins de reproches dans la voix du personnage. Et ce n’est que le début de la visite.

 

L’atmosphère entre ces baraquements est spéciale. Oui, bien sûr, ici ont vécu des milliers de gens, Juifs, tziganes, homosexuels, que des gens impurs, mal vus, ici ont été parqués des gens dans le but de les faire travailler, puis de s’en débarrasser… mais vu comme ça, ce n’est qu’une suite de baraquements. Ce n’est qu’à l’intérieur de ces constructions que le mot « Auschwitz » prendra son vrai sens.

 

… lorsqu’on nous fera défiler devant des vitrines entières de lunettes, de cheveux, de valises encore étiquetées au nom de ces disparus,…

 

… lorsque le guide s’arrêtera longuement devant cette vitrine remplie de chaussures d’enfants, de dizaines de milliers de paires de petits chaussons, de petits escarpins, de ballerines en mauvais état, de sabots….

 

… nous avons la gorge nouée. L’émotion est à son comble. Ces baraquements sont balayés quotidiennement pour les touristes qui en foulent tous les jours le sol. Mais qu’ont vu ces baraquements avant nous ?

 

Et pour la millième fois en quelques minutes, le guide nous assène son « … Et les Anglais ? Les Américains ? Churchill, Roosevelt ?!?... Tout le monde savait ! Tout le monde ! Personne ne s’est bougé… tout le monde savait, et pourtant, le monde a laissé ces pauvres gens mourir par la folie d’un seul homme ! Les Anglais, les Américains ont soutenu cela !! Roosevelt, Churchill savaient…. Ils n’ont rien fait !... »

 

Plus tard, il étayera ses propos par des avions, des hélicoptères de reconnaissance qui ont survolé de nombreuses fois le camp, qui ont photographié les baraquements, les cheminées… Qui savaient ! Mais qui n’ont rien fait !

 

Vous l’aurez compris, on a eu droit à un guide engagé et révolté. Chaque fois qu’il nous martèle de sa diatribe anti-américaine, anti-anglaise, anti-tout, on se félicite de ne pas avoir dit notre nationalité. Qu’ont fait les Suisses ? Certainement que notre guide aurait trouvé de quoi leur reprocher… sans parler du couple d’Allemands, qui n’aurait pas échappé à sa haine des Allemands. Comme si notre génération y pouvait quelque chose…

 

La visite dure presque deux heures. Et ils ont décidé de garder le « meilleur » pour la fin : les chambres à gaz. Il n’en reste plus beaucoup, et surtout pas grand-chose. Un escalier qui descend sous terre, une sorte de bunker, équipées de pièces que refermaient de lourdes portes…. Notre guide engagé se place au sommet des escaliers, nous fait descendre… et à chaque visiteur qui descend, il répète : « Imaginez-vous, vous faites la même route, le même cheminement que des milliers de Juifs avant vous… Mais eux étaient opprimés, détestés, fatigués, détruits et jamais, non, jamais, ils ne remonteront à l’air libre, tandis que vous…. »

 

Et de recommencer « Des milliers de Juifs avant vous…. Des hommes, des femmes, des enfants…. Entassés dans des pièces minuscules, pour une douche…. Et le gaz qui s’échappe, et la panique quand on se comprend coincés dans cet odieux piège…. Des milliers de Juifs avant vous… »…

 

On a envie de lui dire : « C’est bon, on a compris ! »; en tout cas, grâce à sa litanie, nous nous sentons opprimées, chassées, terrorisées, et nous n’entrons que d’un pied dans une des chambres à gaz… par peur de… peut-être que quelqu’un pourrait…. L’air se fait étouffant. On sait que c’est psychologique. On s’invente une odeur de gaz, notre cœur s’emballe… on remonte vite à l’air libre… et l’autre continue « … des milliers de Juifs avant vous, … mais eux n’ont pas pu remonter… eux étaient pris au piège… »

 

On s’éloigne un instant du groupe. Pour respirer. Pour souffler. Pour dégager ce malaise qui nous étouffe les poumons, qui nous sert le cœur.

 

Dans le bus, entre les deux camps, puisque celui de Birkenau, voisin, est aussi au programme, personne ne parle. Le guide heureusement est dans un autre véhicule. Il en sait des choses, le bonhomme, mais il était un brin trop engagé pour être un bon guide. On a compris que sa famille avait souffert, certainement, comme beaucoup de familles de la région, perdu des membres de la famille, mais son acharnement sur nous était un peu exagéré…

 

L’atmosphère à Birkenau est différente, moins oppressante. C’est un champ immense, partagé par une voie de chemins de fer. Cela peut paraitre un peu bizarre de le dire, mais avec le ciel bleu, presque sans nuage, cette herbe verte et le brun des baraquements au second-plan, on se croirait presque devant un tableau du genre « Eté dans la campagne polonaise »… Le premier plan nous rappelle à la dure réalité. Encore des fours crématoires. La cheminée No 4 n’existe plus, la 3 n’est plus qu’un tas de cailloux noircis par le feu que les  Allemands ont allumé lorsque, dans leur fuite, ils ont voulu détruire les preuves…

 

Le quai de gare est le terminus des convois de Juifs hongrois, notamment. Une poignée de Yougoslaves aussi. Parqués ici comme des milliers d’autres. Le guide nous fait traverser cet immense champ à pied, jusqu’aux quelques baraquements qui ont survécu. Il nous fait entrer dans les toilettes, l’odeur a survécu également, du moins partiellement… Et puis, ils nous montrent les dortoirs, dont les lits sont des constructions plus ou moins douteuses, mais l’essentiel était d’y mettre le maximum de gens indésirables, selon les propos de notre guide…

 

Nous sommes soulagées lorsque la visite se termine. Nous serrons la main du personnage et grimpons dans le bus. Personne ne parle sur le chemin du retour.

 

A Cracovie, il nous faut nous changer les idées. Nous retournons chez Gregor, prenons les ordinateurs et retournons au centre commercial. Nos langues commencent à se délier. Cette visite était vraiment impressionnante. Nous pensons à cette petite fille, dont le père venait travailler (du côté des survivants), qui a reconnu sa petite voisine, une Juive, de l’autre côté du grillage, de l’autre côté du barbelé…. Et qui jour après jour, lui lançait par-dessus la séparation, un morceau de pain, une ration de ce qu’elle parvenait à trouver, à cacher, à voler… Jusqu’au jour où son amie n’est plus venue…Et pourtant, la petite fille a attendu et est revenue tous les jours… Où est son amie ? Qu’est-elle devenue ?

 

La petite fille l’a-t-elle su un jour ?

 

Comme nous avons trainé sur internet, nous faisons nos courses en vitesse. Ce soir, nous sommes de service « cuisine », Gregor doit certainement mourir de faim à l’heure qu’il est ! Nous le trouvons à son appartement, affairé devant son ordinateur. Nous préparons le repas…

 

… ce qui prendra un peu plus de temps que prévu, mais finalement, nous nous régalons de notre désormais traditionnel gratin de pâtes. Gregor adore. Nous papotons ensuite toute la soirée, parlant musique (folklorique bulgare, parce qu’il nous taquine au sujet de notre séjour à Sofia, que nous lui avons raconté), parlant d’Auschwitz (un petit peu seulement), parlant suite du voyage surtout, car nous repartons après-demain.

 

Et puis vient l’heure consacrée à Morphée. Nous saluons notre hôte, et nous nous allongeons dans le lit. Le sommeil nous gagne difficilement, les images de la journée s’immiscent sous  les paupières lorsque nous fermons les yeux… Elles ne nous quittent pas… ces petites chaussures, ces valises…et la petite fille qui attend…

Par desireelauranne
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 20:55

Dimanche 30 août 2009


Au programme aujourd’hui : le sight-seeing de la ville en bus à touristes. Nous nous levons donc assez tôt. Même si cela fait assez « cliché » de prendre ce bus, et que nous ne nous considérons pas comme des touristes, mais comme des voyageuses, nous apprécions quand même ces excursions : on y apprend toujours quelque chose, et parfois, ces bus nous servent de taxis, lorsque nos billets sont valables une ou deux journées. Cracovie n’y échappe donc pas.


Et comme nous sommes en avance, bien en avance, nous décidons de boire un café dans la ruelle à côté. Nous discutons, savourons notre café et le croissant (surtout le croissant), et à l’heure précis, nous sommes à l’arrêt de bus. Nous achetons les billets, et grimpons au deuxième étage du véhicule. Nous ne sommes pas nombreux aujourd’hui… Certainement le temps qui reste un peu maussade….


L’offre n’est pas alléchante, il n’est possible de faire qu’un tour d’une heure, ou de prendre le billet pour une longue durée. Comme demain, notre programme est déjà fait, nous n’avons d’autre choix que de prendre le tour d’une heure. Ce n’est pas à Cracovie que le bus nous servira de taxi….


Une heure plus tard, nous descendons du bus, déçues. Les commentaires sont peu élaborés, il n’y a que en anglais d’ailleurs, ou en polonais, et bien sûr, nous n’avons pas eu la possibilité de descendre à un endroit, pour visiter, et reprendre le bus suivant.


Seul point intéressant, nous sommes passés devant l’Usine de Schindler, cet homme admirable, qui a caché de nombreux juifs dans son entreprise, à l’insu même de ses employés. L’usine se visite, mais le bus ne s’y arrête pas…. Au passage, on croise des petites voiturettes de golf, reconverties dans le transport de touristes. On se dit qu’on aurait mieux fait d’utiliser ce moyen de transport… Enfin… On notera également la place du Souvenir, sur laquelle des chaises immenses ont été disposées, non pas pour que les touristes puissent s’y reposer, mais cette sensation de vide que confèrent des grandes chaises inoccupées doit rappeler l’absence de nombreux Juifs déportés et tués.


On rentre ensuite chez Gregor, pour diner, et surtout pour finir les pâtes que nous avions faites en grande quantité la veille au soir. Sans trop nous presser ensuite, nous reprenons Thomas et Damien et partons au centre-ville. En chemin, nous nous arrêtons à deux stands qui proposent des visites guidées d’Auschwitz, comparons les prix, et achetons deux billets au moins cher. C’est pour demain !


Au centre commercial, nous nous attablons presque à notre table habituelle, et surfons sur la vague du net jusqu’en début de soirée. Un petit tour au magasin, où nous achetons un risotto pour le repas du soir, et nous rentrons chez Gregor.


Pour ce faire, nous prenons le tram. Nous sommes en train de parler quand il arrive, nous grimpons dedans toujours en parlant, et nous ne remarquons pas tout de suite que nous n’avons pas timbré le billet. Pour être exacte, nous nous en rendons compte au moment où nous nous asseyons sur la chaise, et nous nous levons immédiatement. Mais toutes les actions se déroulent dans la même seconde (ce qui est plutôt difficile à écrire !), y compris le tram qui démarre, l’appareil à timbrer qui se bloque (pour empêcher les gens de tricher) et le contrôleur qui nous demande les billets pour contrôler….


Une dame est témoin de la situation.


Le contrôleur est un petit jeune qui fait du zèle. Il comprend qu’on est des touristes, et Désirée a beau lui expliquer dans son meilleur anglais, que tout s’est fait simultanément, et qu’elle s’en est rendue compte au moment où le tram partait, l’antipathique personnage refuse de comprendre. Désirée s’entête et lui fait comprendre qu’on ne paierait rien du tout puisqu’on a acheté notre billet.


A l’arrêt suivant, la machine se débloque, et là nous sommes rapides... très rapides : les billets sont timbrés et un grand sourire est adressé à l’employé trop zélé, qui ne peut que s’incliner… Il s’en va, et la dame qui avait observé toute la scène, secoue la tête en soupirant. Nous fulminons encore….


Chez Gregor, nous préparons le risotto et profitons de notre dernière soirée à 2. Le calme est olympien, seule la musique et le bruissement des pages qu’on tourne animent un peu cette tranquillité. Nous ne tarderons pas à aller nous coucher, partagées entre excitation et nervosité à l’idée de visiter le camp de concentration demain…

Par desireelauranne
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Riccardo et Alessio

 



Notre voyage est dédié à Riccardo Neri et Alessio Ferramosca, deux jeunes espoirs de la Juventus de Turin, décédés accidentellement à l'âge de 17 ans, le 15 décembre 2006.... en jouant au foot.

Riccardo et Alessio, nous ne vous connaissons que parce nous avons entendu votre histoire au téléjournal. Mais comme vous, nous sommes jeunes, comme vous nous avons des rêves, des passions et comme vous, nous essayons de les réaliser, de les atteindre. Soyez tout au long de notre aventure, nos anges gardiens, nos étoiles dans la nuit, à la fois protecteurs et symboles, pour tous les jeunes qui ont des rêves, et qui rêvent de les réaliser.

Hebergement gratuit d image et photo 

Ciao Riccardo, Ciao Alessio. Questo viaggio è la realizzazione del nostro più grande sogno. Anche noi ci proviamo, e le facciamo anche per voi, perchè il vostro sogno è stato fermato ben troppo presto. Ragazzi, oggi siete i simboli di tutti i giovani che hanno un sogno, che ci credono e che ci provano. Vi chiediamo di essere i nostri angeli custodi, le nostre stelle nelle notti, le nostro luci quando dubiteremo... Noi, saremo i vostri occhi per raccontarvi l'Europa.

Ringraziamo le famiglie di Riccardo e Alessio di averci dato il permesso di usare le foto, per lo scambio di email, che riceviamo sempre con tanta emozione.


Soutenez avec nous l'association de nos 2 anges gardiens, Riccardo Neri et Alessio Ferramosca! (voir sous rubrique "liens")

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